Marc, bénévole pour Solinfo en Turquie/Syrie

Pour ce premier portrait, nous avons rencontré Marc, missionné par l’association amie Solinfo pour étudier sur place l’aide que l’association peut apporter aux enfants des camps de réfugiés syriens. Il a commencé par dire « Oh là là, non, pas de portrait, on n’est pas là pour parler de moi mais des projets », c’était mal parti.

L’importance de la récréation

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Marc a fait en mars 2012, pour Solinfo, une mission exploratoire à Antakya (ville turque à proximité de la frontière syrienne où se sont réfugiés les syriens – il y a environ 400 000 réfugiés en Turquie ce mois de juillet 2013).

Là, en 2012, il a rencontré Abdulwahab, un prof syrien qui lui a dit : « les enfants ont besoin de s’amuser, d’apprendre autrement, de passer des bons moments et d’exprimer ce qu’ils ont sur le cœur. Certain ont vécu des choses difficiles. Tous sont déracinés…   Apporte quelque chose d’artistique ». Ils approfondissent ensemble la recherche en visitant des camps, des familles syriennes et des écoles syriennes. Ils identifient alors que réunir les enfants autour du dessin ou d’un jeu répond à un besoin profond.

A cette époque, le Croissant Rouge en Turquie apporte les besoins premiers : nourriture, accès à l’eau… Ils ont très tôt organisé des écoles pour les enfants mais les activités récréatives encadrées sont rares, urgence oblige.

« Nous avons alors démarré deux principales activités : des groupes d’expression artistique pour les enfants ; et l’organisation de rencontres, de pique-niques familiaux avec activités. Les programmes sont imaginés par les adultes qui encadrent. Ainsi les enfants voient leurs parents et autres adultes dans un contexte plus détendu que rassemblés, anxieux, autour d’Aljazeera par exemple. Cela a été un bénéfice immédiat de notre travail en commun… »

Empowerquoi ?

IMGP2134« La relation avec les acteurs là-bas est essentielle. Nous cherchons à créer une relation de confiance avec le « country » (manager de projet sur place). Pour cela, on s’efforce de mettre en place un contrôle bienveillant. Notre but assumé est de permettre au “country” de travailler de manière autonome. L’idée, c’est que les responsabilités et les risques des actions engagées soient entre ses mains.

Comment cela se passe : Au départ, nous essayons d’être le plus possible présent sur place (5 voyages depuis le début de notre travail en 2012) et les visites se font avec un petit préavis de 3 à 4 jours, comme cela le travail observé est en l’état. On minimise ainsi la paperasse.

La délégation et le contrôle, pour nous, c’est…un lien de confiance qu’on entretient au jour le jour entre nous, les gens qui nous soutiennent et les acteurs sur place.
Au départ, surtout, notre boulot consiste à initier puis contrôler ce qui se passe. Je dirais que c’est 50% du taf ! Le reporting, bien sûr, c’est indispensable.
Dans certaines ONG, ils parlent d’ «empowerment ». C’est un mot à la mode. Moi je dirai… Euh, rien, je crois ! »

Un poisson-agile

« Le fait qu’on soit une structure à taille humaine nous permet d’être plus souples et d’intervenir au début plus facilement près des camps de réfugiés.

Si on est pas mal actifs à proximité des camps à la frontière turco-syrienne, on a développé aussi ces derniers temps des programmes en Syrie, dans les zones libérées du nord, jusqu’à Deir Es Zor, à Alep, mais aussi dans les régions de Homs, Damas…

Nous partons en général de la rencontre d’une personne de talent, d’un contact, avec qui on détermine le type de projet adéquat et puis petit à petit on arrive à envoyer du matériel, à mettre en place des activités et à les suivre.

Avec un budget de 200 euros environ, on peut assurer un programme d’activités artistiques ou de loisirs pour environ 15 participants, à raison de 2 à 3 fois par semaine pendant 2 mois. L’argent va dans le matériel de dessin et peinture et le défraiement des profs. »

A venir ?

« Notre objectif est d’intervenir dans le plus d’endroits possibles en Syrie. Ainsi nous espérons voir fleurir des groupes d’enfants qui se réunissent pour dessiner à travers tout le pays.
Nous avons baptisé ce projet COLORFUL SYRIA »